Le libéralisme est-il responsable de la crise ?
Par Samir AMELLAL, dimanche 5 octobre 2008 à 14:36 :: Société :: #29 :: rss
Depuis quelques jours toute la planète s'intéresse à l'économie... Cette crise est-elle le résultat d'un libéralisme exacerbé ?
Pour moi dire une telle chose signifi mal connaître l'économie, ou faire preuve de mauvaise foi ! Car en premier lieu la crise actuelle a pour origine l'interventionnisme des banques centrales, notamment ceux exercés par la Fed et la BCE après le 11 septembre 2001, pour rassurer les marchés et soutenir la consommation.
Comme l'ont si bien dit certains économistes (Kondratieff, Juglar, Kitchin, Schumpeter ...), il existe des cycles dans un système capitaliste, et depuis quelques temps on tente d'aller à l'encontre de ces cycles en administrant des remèdes qui engendrent des effets secondaires plus graves que la maladie qu'ils prétendaient soigner.
Le responsable :
Certains diront que le fait de prêter de l'argent à des personnes incapables de rembourser, puis transformer ces créances en titres, ABS, CDO et autres... Sans que personne ne puisse les en empêcher, c'est du liberalisme. À cela je répond que si l'état américain et la Fed d'Alan Greenspan (en 2001) n'avaient pas insufflé autant de liquidités dans l'économie tout cela n'aurait pas eu lieu.
Je vous explique mon point de vue :
Les banques (pour qui la matière première est l'argent et le prix de cet argent les taux d'intérêt) ont vue baisser remarquablement le coût de leurs matières premières devenues abondantes. Seulement lorsque l'offre est supérieure à la demande, les prix baissent.
Pour compliquer la tâche des banques, l'état de solvabilité des ménages américains étant ce qu'il était la demande était insuffisante.
Les banques qui ne pouvaient pas baisser des taux déjà très bas (en deçà des taux directeurs auxquels elles empruntaient elles-mêmes), ont dû trouver une autre source de clients (ce que les marketeurs nomment les non-consommateurs relatifs), en réduisant le risque et en le diffusant (CF article sur les subprimes).
Donc, ces clients à qui on ne prêtait pas, car le risque qu'ils ne remboursent pas était important, ont finalement pu s'endetter. Quelques temps plus tard (puisque l'augmentation de la masse monétaire crée presque toujours de l'inflation), ces ménages se sont retrouvés asphyxiés et n'ont plus pu rembourser leurs emprunts, entrainants les banques dans le précipice...
Si les États ne tentaient pas de contrôler l'économie en intervenant massivement chaque fois qu'une dépression pointe le bout de son nez, alors on pourrait vraiment et objectivement accuser le libéralisme.
Pour l'instant : « Vive le libéralisme ! » Il n'est pas utile d'augmenter le contrôle, la régulation et l'interventionnisme étatique comme le demande Dominique Strauss-Kahn et ses amis héritiés d'un néo-colbertisme qui n'a jamais été adapté. Si on laissait faire la main invisible (même si les crises restent inévitables) les choses s'arrangeraient d'elles-mêmes et surtout plus sainement et plus durablement !
La solution évoquée :
La solution proposée par les Américains (qui visiblement n'ont de libéraux que le nom) est d'intervenir (à nouveau !!!) en injectant 700 milliards de dollars. Encore une rustine qui apaisera peut-être l'économie encore quelques temps... À l’image de la loi SOX, des lois inquisitrices seront votées pour accompagner cette intervention. Ainsi, nous retarderons l'échéance encore quelques années avant d'accuser le libéralisme à nouveau, et les crises majeures se multiplieront.
Quelle issue ?
Quoi qu'il en soit, cette crise est une formidable opportunité pour l'Europe qui a là l'occasion de renouveler une influence décroissante. Certains facteurs sont favorables en France : les banques françaises sont peu touchées, le papy-boom peut empêcher le chômage de croitre de façon trop importante, certaines réformes de structure ont déjà été amorcées, baisse du prix du pétrole, meilleure parité euros /dollars ...
Même si les temps qui s'annoncent risquent d'être difficiles et que nombreux sont ceux qui vont souffrir, sachons saisir les opportunités, les rares fois où elles se présentent ! Ne faisons pas l'erreur de rejeter le capitalisme (au nom du populisme de rigueur en ce moment). Nous devons adopter un capitalisme vrai, adapté à notre époque. Et profitons-en pour redonner à la France la place qui est la sienne.
Comme l'ont si bien dit certains économistes (Kondratieff, Juglar, Kitchin, Schumpeter ...), il existe des cycles dans un système capitaliste, et depuis quelques temps on tente d'aller à l'encontre de ces cycles en administrant des remèdes qui engendrent des effets secondaires plus graves que la maladie qu'ils prétendaient soigner.
Le responsable :
Certains diront que le fait de prêter de l'argent à des personnes incapables de rembourser, puis transformer ces créances en titres, ABS, CDO et autres... Sans que personne ne puisse les en empêcher, c'est du liberalisme. À cela je répond que si l'état américain et la Fed d'Alan Greenspan (en 2001) n'avaient pas insufflé autant de liquidités dans l'économie tout cela n'aurait pas eu lieu.
Je vous explique mon point de vue :
Les banques (pour qui la matière première est l'argent et le prix de cet argent les taux d'intérêt) ont vue baisser remarquablement le coût de leurs matières premières devenues abondantes. Seulement lorsque l'offre est supérieure à la demande, les prix baissent.
Pour compliquer la tâche des banques, l'état de solvabilité des ménages américains étant ce qu'il était la demande était insuffisante.
Les banques qui ne pouvaient pas baisser des taux déjà très bas (en deçà des taux directeurs auxquels elles empruntaient elles-mêmes), ont dû trouver une autre source de clients (ce que les marketeurs nomment les non-consommateurs relatifs), en réduisant le risque et en le diffusant (CF article sur les subprimes).
Donc, ces clients à qui on ne prêtait pas, car le risque qu'ils ne remboursent pas était important, ont finalement pu s'endetter. Quelques temps plus tard (puisque l'augmentation de la masse monétaire crée presque toujours de l'inflation), ces ménages se sont retrouvés asphyxiés et n'ont plus pu rembourser leurs emprunts, entrainants les banques dans le précipice...
Si les États ne tentaient pas de contrôler l'économie en intervenant massivement chaque fois qu'une dépression pointe le bout de son nez, alors on pourrait vraiment et objectivement accuser le libéralisme.
Pour l'instant : « Vive le libéralisme ! » Il n'est pas utile d'augmenter le contrôle, la régulation et l'interventionnisme étatique comme le demande Dominique Strauss-Kahn et ses amis héritiés d'un néo-colbertisme qui n'a jamais été adapté. Si on laissait faire la main invisible (même si les crises restent inévitables) les choses s'arrangeraient d'elles-mêmes et surtout plus sainement et plus durablement !
La solution évoquée :
La solution proposée par les Américains (qui visiblement n'ont de libéraux que le nom) est d'intervenir (à nouveau !!!) en injectant 700 milliards de dollars. Encore une rustine qui apaisera peut-être l'économie encore quelques temps... À l’image de la loi SOX, des lois inquisitrices seront votées pour accompagner cette intervention. Ainsi, nous retarderons l'échéance encore quelques années avant d'accuser le libéralisme à nouveau, et les crises majeures se multiplieront.
Quelle issue ?
Quoi qu'il en soit, cette crise est une formidable opportunité pour l'Europe qui a là l'occasion de renouveler une influence décroissante. Certains facteurs sont favorables en France : les banques françaises sont peu touchées, le papy-boom peut empêcher le chômage de croitre de façon trop importante, certaines réformes de structure ont déjà été amorcées, baisse du prix du pétrole, meilleure parité euros /dollars ...
Même si les temps qui s'annoncent risquent d'être difficiles et que nombreux sont ceux qui vont souffrir, sachons saisir les opportunités, les rares fois où elles se présentent ! Ne faisons pas l'erreur de rejeter le capitalisme (au nom du populisme de rigueur en ce moment). Nous devons adopter un capitalisme vrai, adapté à notre époque. Et profitons-en pour redonner à la France la place qui est la sienne.

Commentaires
1. Le lundi 13 octobre 2008 à 14:40, par GT
2. Le lundi 13 octobre 2008 à 22:10, par S A
3. Le mardi 3 mars 2009 à 05:56, par lanti
4. Le samedi 25 juillet 2009 à 18:12, par subprimes
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